© 2019 OLIVIA PELLERIN. 

CENTRE DE RESSOURCES MAMITEZA

DIÉGO-SUAREZ -MADAGASCAR

Diégo-Suarez

Le centre de ressources MAMITEZA.

 

Après une courte escale à Tana, nous arrivons à Diego et sommes accueillies par Irène et l'équipe, très motivée, du centre de MAMITEZA (composé comme FIA.VO.TA. de deux ateliers : bois et agro-alimentaire, et d'un centre de documentation).

 

L'objectif de notre mission à Diégo est identique à celle de Tuléar, à savoir de proposer une recherche pour la mise en valeur des produits issus de la production du centre.

 

Dès la première réunion d'information avec les artisans invités, nous avons pu leur montrer le résultat de notre expérience à Tuléar : échantillons et images des différentes propositions.

Ceci a permis aux artisans et à l'équipe du centre de se projeter plus facilement dans ce que nous pouvions faire ensemble, et du réel potentiel de notre collaboration.

 

Au cours de notre séjour, se déroule une formation pratique de 10 jours dispensée par Mme Brigitte (formatrice venue de Tana), ce qui nous permet de travailler assez vite avec la première production du centre.

Nous décidons de travailler dans l'enceinte du centre afin de partager l'avancée de la recherche régulièrement avec Irène, très impliquée  dans notre intervention là-bas.

Grâce à elle, nous rencontrons les artisans susceptibles de réaliser avec nous les prototypes d'emballages. De même qu'à Tuléar, nous nous intéressons de près aux ressources disponibles sur place :  savoirs-faire, matériaux, ...

Les rencontres, les artisans. 

 

Dans l'optique d'aboutir à des emballages porteurs de l'identité de Diégo et sa région, nous choisissons différentes filières de l'artisanat, et rencontrons :

- les artisans concernés par les formations du centre destinées à produire confitures, pâtes de fruits, sirops, et autres produits dérivés de la transformation des fruits et légumes poussant dans la région,

- les jeunes femmes faisant partie d'une association de filles-mères (SAMEVA), travaillant la broderie, la vannerie, la couture, ...

- Mr. Jean, ferblantier

- Mme Rahelisoa, créatrice de bijoux fantaisies.

 

C'est grâce à eux que nous avons pu réaliser l'ensemble des prototypes des propositions faites.

Première production du centre

Broderie

Ferblanterie

Travail du bois

Vannerie

Les matériaux .

 

Les matériaux avec lesquels nous choisissons de travailler, sont tous une matière première naturelle, locale, habituellement inexploitée, peu coûteuse, facile à trouver, voire même à ramasser soi-même.

L'objectif est d'insister l'ancrage local de notre intervention.

 

Nous travaillons à partir des mêmes matériaux qu'à Tuléar (fibre de cocotier, satra tressé ou non, raphia naturel, soga, fibre de noix de coco), car aussi disponibles en grande quantité dans la région.

Mais nous y associons d'autres ressources comme le fer-blanc, le raphia tressé, la noix de coco, la nacre et les épices (cannelle par exemple).

 

Nous nous attachons aussi  à une cohérence globale sur des tonalités de couleurs naturelles.

La fibre de cocotier

Le satra

Le satra tressé

Le raphia tressé

Le noix de coco

Les graines

Les épices

La nacre

Les propositions

 

L'objectif est ici encore de montrer aux artisans l'importance du partage des compétences et des connaissances, autour d'un  projet commun.

Ainsi tous les artisans rencontrés ont pu saisir l'opportunité de travailler avec un centre de formation et des artisans de la filière agro-alimentaire.

 

Nous tentons de leur montrer que les ressources dont ils disposent et les savoir-faire qu'ils maîtrisent sont autant de richesses pour leur permettre de diversifier leurs productions et d'élargir leurs champs de compétences.

Ici nous élargissons un peu notre famille de propositions puisque nous ajoutons au pot simple et au pot emballé, un coffret de deux confitures.

 

L'idée est qu'une fois notre mission terminée, ils aient l'envie et les moyens de s'approprier ce travail pour en faire quelque chose qui leur ressemble, dont ils soient fiers, et qui porte l'identité de leur région.

 

Dans un souci de cohérence avec le projet mené à Tuléar, nous proposons :

- un estampage "MAMITEZA" sur les produits en fer-blanc,

- un livret simple (illustré d'une aquarelle) et explicatif du produit pour les pots emballés,

- un livret double (illustré aussi) pour les coffrets de deux confitures, racontant l'histoire de chacun des fruits,

- une harmonie colorée identitaire de la région de Diégo.

La signature

Le livret

Les pots seuls.

 

Cette première série, relativement simple, tente de conserver le pouvoir de séduction de la couleur de la confiture.

Nous intervenons donc sur une étiquette contenant les informations inspensables : nom du produit, contenance, composition, date limite de consommation, et coordonnées du centre.

 

Au travers des broderies sur les couvercles nous exploitons un matériau et un savoir-faire qui ne sont pas associés habituellement :

- broderie de fils de coton coloré sur soga,

- broderie de raphia sur soga,

- broderie de satra sur soga.

Les pots emballés.

La deuxième série d'emballages, plus conséquents, tente de mettre en valeur le savoir-faire artisanal.

 

Nous travaillons avec Mme Irène et son association SAMEVA (vannerie, broderie...) pour les emballages tressés, en satra et en raphia, ainsi que pour les broderies.

 

C'est avec Mme Rahelisoa que nous travaillons sur les petits accessoires en noix de coco et nacre servant aux systèmes de fermeture : boutonnage, lien à nouer, ...

 

Puis avec Mr. Jean nous réalisons le socle en fer-blanc de l'emballage en papier recyclé.  

 

Nous réalisons là aussi nous-même le montage et la finition de toutes les propositions afin de démontrer aux artisans qu'ils sont à même, de réaliser des produits finis et qualitatifs.

 

Le livret est ici indispensable puisque c'est lui qui raconte le contenu du produit.

C'est pour cela que nous avons voulu l'illustrer d'un dessin en couleur représentant le fruit dont il s'agit.

Les coffrets.

Enfin avec cette dernière série de propositions, nous cherchons à obtenir un produit encore plus qualitatif, issu d'une collaboration étroite entre des artisans de différents métiers.

Et ceci afin d'insister sur l'avantage de mettre en commun ses compétences pour obtenir un produit à forte valeur ajoutée.

 

Pour cela nous travaillons avec Mr. Jean, ferblantier, Mme Irène de l'association SAMEVA, et enfin le responsable de l'atelier bois du centre.

Nous réalisons ensuite nous-même l'assemblage de toutes les pièces.

L'utilisation de la couture pour assembler du bois (ou du métal) et une natte de satra nous semble être un décalage assez important pour faire la démonstration que ces artisans ont en mains tous les outils pour être créatifs, et imaginer des produits différents.

 

Nous choisissons ensuite d'utiliser cannelle et graines pour le système de fermeture, afin de mettre à profit toutes les ressources potentielles, même les plus insignifiantes.

Nous nous sommes rendues compte que nous n'avions pas les mêmes exigences concernant un objet "bien fait" et surtout "bien fini", et que le principal problème était lié à la notion de qualité, ce sur quoi nous avons tenté d'insister.

 

Notre séjour s'est terminé par une présentation générale (en présence de journalistes locaux) associant à la première production du centre en agro-alimentaire, le travail sur l'emballage.

Au cours de cette réunion de nombreux artisans ont exprimé leur intérêt pour ce travail et ont expliqué qu'ils se savaient capables de réaliser ce type d'objet mais n'en avaient jusqu'alors pas eu l'idée.

 

D'où le plaisir pour nous d'être intervenues là-bas, d'avoir déclenché une envie...

 

Le reportage réalisé lors de cette réunion et surtout la réaction des habitants de Diégo à la suite de sa diffusion, ont montré que l'ouverture du centre et les projets qui s'y déroulaient apportaient à la ville et à sa région un souffle nouveau et un espoir de développement de l'activité locale.